Avoir un objectif : plus addictif que le tabac ?

 

Loin de moi l’idée de prendre à la légère le phénomène d’addiction. Les addictions couvrent un très vaste domaine de troubles et comprennent aussi bien les addictions comportementales que les addictions aux substances. L’addiction est une pathologie à prendre très au sérieux. Rodolphe Bacquet, rédacteur en chef du mensuel Alternatif Bien être, a partagé récemment cette étude américaine qui démontrerait qu' « avoir un objectif » rallongerait l’espérance de vie ! A en croire cette étude il est même plus dangereux pour notre santé de ne pas avoir de but que de boire, fumer, ou être sédentaire ! Je vous propose ici de passer au filtre du coaching la notion d’objectif.

 

1/ Visualiser un idéal.
Vous allez voir loin et vous allez voir votre réussite pleinement réalisée. Autrement dit ça va vous faire rêver, vous allez vous visualiser en parfaite harmonie avec l’univers, et en totale adéquation avec le monde : la situation idéale ! Forcément, plus vous penserez à ça, plus vous allez sécréter des hormones en lien avec le plaisir qu’un tel accomplissement vous permettra de réaliser.

 


2/ Prendre des risques pour atteindre cet idéal.
Vous allez focaliser sur des valeurs nouvelles et laisser derrière vous d’anciennes croyances. Ça va structurer de façon nouvelle votre environnement, créant ni plus ni moins qu’un nouveau monde autour de vous. Votre estime personnelle va monter en flèche, et vous allez découvrir une nouvelle personne qui pourtant sommeillait bien en vous depuis toujours, vous allez devenir rayonnant, d’abord à vos yeux puis aux yeux des autres. Vous allez prendre goût à cette nouvelle image. Attention de ne pas vous mettre en danger, c’est-à-dire mettre en péril votre santé, l’équilibre de vos proches, votre équilibre financier…

 


3/ Transformer sa Vision du Monde.
À ce stade, vous avez déjà : un rêve, une image nouvelle de vous, un nouveau monde à portée de main. Cette nouvelle vie est plus légère, et la somme des tracas est identique à la somme des tracas du passé, quand le temps était encore à la rumination. Le phénomène épigénétique, prouvé de façon scientifique, entre alors en jeu : vous transformez vos cellules, vous agissez sur votre organisme et vous lui dites de façon simple : si on continue comme ça, on va y arriver. L’anxiété décroît, non pas le temps d’une cigarette (8 min en moyenne), mais de façon permanente. Les nuits sont meilleures, la communication avec le monde plus facile : vous dites simplement que ce sera comme ça et pas autrement, à prendre et à laisser, ce qui vous permet par la même occasion de faire du ménage entre les amis sincères, et les autres. Avant l’odeur de la cigarette pouvait faire fuir, là vous attirez la curiosité, l’échange et les nouvelles relations.

 


4/ Eviter des pièges.
Vous vous êtes prémuni de ne pas tomber dans trois scénarios qui auraient de mauvaises conséquences :
- Illusion entrainant déception entrainant Colère;
- Position de sauveur entrainant une victime elle-même sous l’emprise d’un bourreau;

- Dépendre des ressources des autres.

 


5/ Faire taire les critiques.
Vous êtes en collaboration avec les autres, en contribution au monde :
- Vous ne vous jugez pas ;
- Vous ne jugez pas les autres ;

- On ne peut pas plaire à tout le monde, ce qu'on peut en dire ne vous atteint pas.

 


6/ Apprendre.
Vous êtes à ce stade où vous avez intégré qu’il n’y a pas d’erreur, que vous ne perdez jamais, vous êtes naturellement en train d’apprendre et de faire des retours, toujours plus proches de votre objectif. Vous découvrez qu’à chaque moment vous faites le meilleur choix que vous pouvez, et qu’aucune loi ne condamne ça : vous êtes honnête envers vous, et par conséquence envers la planète entière.

 


7/ D'un objectif à une multitude d'objectifs.
Un matin, un nombre de jours sont passés, vous êtes loin de ce premier jour où vous avez décidé d’avoir un objectif au lieu d’acheter un paquet de tabac de plus. Le jour se lève, une journée banale, mais voilà, d’un coup vous réalisez : vous avez atteint votre objectif, il est bien là, concret, en forme, mais entre-temps, il a fait des petits, vous vous êtes concentré sur eux aussi, en expert d’objectifs que vous devenez, et vous réalisez : l’objectif majeur, c’est "être en chemin", en direction, suivre cette voie unique, la vôtre, cette voie qui avant tout, vous amène chaque jour la possibilité de vous réaliser, de remplir cet espace immense que représente une vie.

 



Endorphine, dopamine, sérotonine, ocytocine…
Les stimulations hormonales sont nombreuses au contact des émotions de joie, d’accomplissement, de réussite, action, plaisir, joie, motivation, entrain, préoccupations positives, empathie, respect, curiosité. C’est là que se place le principe addictif. Une fois la pratique mise en place, il peut devenir évident qu’on peut « prendre goût » aux objectifs et développer une certaine forme de dépendance positive à toujours plus en planifier. Jusqu’au jour où on se rend compte que la cigarette est loin derrière, rangée aux oubliettes. C’est en tout cas tout ce que je vous souhaite !

Pour aller plus loin…
L’ensemble des objectifs donnent une perspective : vous percevez ce qu’il y a de commun entre eux ? Si la réponse est oui, vous entrevoyez votre mission de vie, votre nature profonde, votre vocation.

 


Attention !!! Précaution d’emploi :
Pour être considéré comme tel, un objectif doit être :
• Spécifique clair et détaillé
• Observable de l’extérieur par n’importe qui : mesurable
• Dans vos compétences et pas celles d’un autre : atteignable
• Accessible de façon globale : réaliste et réalisable
• Impliquant un engagement que vous pouvez tenir dans le temps
• Respectueux de votre équilibre interne et externe : écologique pour votre personne